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SOS pour un jeune souffrant de trouble mental, en situation difficile

L’équipe de supervision du projet FMG – MEMISA lors d’une mission à Timbi – Madina a été sollicitée par l’Agent Communautaire de Santé (ACS) du Centre Médico Associatif (CMA) partenaire du projet à se rendre dans le secteur de Doumba, situé à près de 15 kms de Timbi pour la visite d’un malade mental en difficultés.

Mamadou, le courageux garçon face au destin de malade mental !

Mamadou un jeune garçon très populaire et innovant dans ses entreprises, faisait l’admiration de tout son entourage. En saison des pluies, assistait ses parents dans les travaux champêtres en dehors du village et au retour s’activant auprès de sa mère « dans la tapade » autour de la case maternelle pour les cultures du maïs, du haricot, du taro et des patates douces en assolement. Que des moments de joie lors des semailles et lors de la cure des cultures en azote organique « le foyon » (en Pular), aussi lors des récoltes pour la coupe des épis murs, pour le séchage des épis de maïs tressés sur les miradors « Daggal » en Pular), à l’intérieur des cases le tout entretenu par un grand feu de bois préparé à cet effet.

Lors de la saison sèche, les enfants accompagnent les femmes dans les bas-fonds près de la rivière qui entoure le village appelé « le Doumbawol » pour les cultures horticoles : tomates, oignon, ail, aubergines, gombo et toutes les légumes feuilles destinées à la sauce. Les récoltes sont en partie vendues pour permettre aux femmes d’en tirer des revenus quotidiens pour la famille.

Après les récoltes des grandioses fêtes sont organisées où les jeunes font la compétition en danse traditionnelle, ponctuée par le battement de Tam –Tam et le son mélodieux de la flute pastorale durant les journées, et pendant les nuits au clair de lune, ce sont soirées dansantes « bals poussières » qui sont organisées dans des enclos de paille au son de la musique moderne que raffolaient tous les enfants du village.

Très courtois mais ironique, Mamadou était connu dans la zone, les femmes et les jeunes appréciant son courage l’avaient surnommé « Gorko Wakkiliidho » (garçon courageux), ainsi appelé par un homme de sa famille qui est témoin de son enfance.

Il semble que Mamadou n’a pas connu son père qui est décédé avant sa naissance et, aussi il perd sa mère au moment où il franchissait le stade d’adolescence pour entrer dans le cercle des adultes, au moment où l’homme a droit à un travail pour subvenir à ses besoins, d’une femme pour la procréation et d’un logis personnel pour son intimité. Ces droits furent un rêve pour le pauvre Mamadou qui fut confronté à des attitudes haineuses de la part de ses autres parents plus aisés et mieux lotis que lui. A dix-neuf ans (19), il décida alors de s’éloigner des siens et d’aller résider à Timbi centre, là il trouve emploi au marché central se couchant la nuit à la devanture des magasins ou sous les tables. Là il vivrait de l’argent tiré du balayage et de la collecte des ordures pour les propriétaires.

Durant plus de trois ans qu’il mena cette vie dure il subit beaucoup de torts, d’accusations de vols au vu de ses habits sales et de son état douteux. Se sentant indésirable, il décida à nouveau d’aller au Sénégal. Là aussi arrivé avec toutes les peines, il trouva que la vie était difficile pour un jeune sans ressources qu’il était, sans parents et sans guide.

A la gare voiture de Sandaga, où débarquent les commerçants venant de la Guinée, munis de fruits très prisés par les Sénégalais, il négocia et en obtint quelques quantités de fruits qu’il se mit à vendre dans les rues et les quartiers de Dakar. Mais au moment où l’espoir de réussite naissait en lui, il fut saisi et dépouillé de tout son bien par la Police alors que la marchandise était prise à crédit.

Il se vit dans une impasse difficile à gérer, il se mit à déambuler de quartier en quartier, rasant les murs et se faufilant, les sens aux aguets de peur de rencontrer à nouveau la police, ou le commerçant chez lequel il avait pris les fruits à crédit. N’en pouvant plus, traqué, isolé et sans aucune issue pour se sauver, il décida de revenir en Guinée.

Prenant son courage à deux mains, il revint à la gare routière de Sandaga et rencontre un chauffeur habitué du trajet Labé – Dakar long de mille (1 000) kilomètres, qui accepta de le ramener dans sa guinée natale.

Rentré au village natal sans argent, il déprime, se rétracte, se laisse gagner par le découragement et s’isole ne sortant que très rarement, sans compagnie ni camarade. Un jour, ployant sous le poids insoutenable des soucis, il est victime d’une maladie violente et reste alité sans remède et sans soutien durant une longue période. C’est à partir de ce moment-là que ses frères et ses camarades d’âge commencèrent à voir en lui un homme hors normes, privé de lucidité vis-à-vis de ses voisins proches. Il devient solitaire, ne fréquente plus les lieux de jeux des jeunes. Sa santé devint inquiétante, mais personne ne vient vers lui pour une assistance. Son cas s’aggrave de jour en jour, il commence à faire des crises épileptiques et devient de plus en plus repoussant avec ses habits et son corps tous sales. Aux yeux de sa famille Mamadou est devenu fou « Mamadou Feetii ». En tant que tel nul n’osait l’approcher. Désormais il dort au dehors de la case maternelle pendant que ses frères étaient couchés à l’intérieur.

Et, certainement rongé par une colère interne, il détruit avec rage l’abri où il était, avec tous les objets à lui (selon les parents). Finalement on le sort pour l’attacher sous un manguier sans habits comme un vulgaire animal près de la case maternelle.

C’est au courant des visites à domicile que l’Agent Communautaire et le Chef du centre de Santé de passage au village de Doumba trouve effectivement le jeune Mamadou dans cet état déplorable attaché comme un animal. Elle sensibilise la famille, qui accepte de construire une cabane pour Mamadou, le protégeant désormais des intempéries et contre les serpents. Voilà comment Mamadou obtint un habitat fixe. Mais il est toujours dans le besoins d’habits pour couvrir son corps face aux intempéries (surtout du froid glacial des nuits) cela suscite une attention.

Venons-en au secours de Mamadou pour sa guérison (continuité des soins au CMA de Timbi – Madina, le suivi de sa prise de médicaments avec un accompagnement régulier pour la guérison et sa réinsertion socioéconomique.

NB : l’appellation dans le texte de Mamadou n’est pas le nom réel du malade afin de le protéger.

Thierno Hady BAH, Chargé de Documentation / Capitalisation

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