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Collaboration entre tradipraticiens et agents de santé pour une meilleure santé mentale : Quel chemin et comment s’y prendre?

 

De tout temps et dans plusieurs contextes, les guérisseurs traditionnels ont été à l’avant-garde de la santé des populations.

Malgré d’énormes progrès de la médecine et la modernisation progressive des services de santé, beaucoup de gens croient encore que pour recouvrer la santé ou garder la forme, il faut recourir au guérisseur du coin au lieu de taper à la porte d’un centre de santé. Les troubles mentaux rapportés aux causes surnaturelles font des guérisseurs traditionnels, un recours incontournable.

Ils utilisent les méthodes traditionnelles avec des éléments d’origines végétales, animales ou minérales et font recours à des versets tirés du coran, à des prières, à la magie et d’autres méthodes peu orthodoxes (brulures, inhalations…)

Dans la perspective de lancement du projet FMG-Memisa dans 3 localités (Telimelé, Lelouma et Mamou), des interviews ont été organisées auprès des communautés. A Telimelé 54,54% des enquêtés citent les marabouts comme traitants les malades mentaux contre 9,09% pour les structures sanitaires. A Lelouma, 40% contre 15% pour l’hôpital. A Mamou, ce sont 68,75% des personnes interviewées qui utilisent les services des tradipraticiens. Réalisée en milieu rural (Timbo pour Mamou, Thiaguel Bory pour Lelouma)  et urbain (Commune urbaine de Telimelé), l’enquête a révélé que l’utilisation des produits traditionnels pourrait entrainer des effets indésirables.

L’intégration de la santé mentale dans les centres de santé de ces localités a permis de se rapprocher des « Guérisseurs » et de savoir : qui sont-ils ? Comment sont-ils devenus guérisseurs traditionnels ? Qu’est-ce qu’ils traitent et comment ? Comment on les aborde?

Les guérisseurs traditionnels sont de tout âge, en majorité étudié le coran et hérité la pratique de leurs parents. Ils ont des approches de soins « on ne peut pas soigner une maladie sans la connaitre et identifier les plantes ou les extraits du coran devant servir de base pour le traitement » et font recours aux plantes médicinales « on cherche à connaitre d’abord la maladie et ensuite on entame le traitement avec les racines ou feuilles des plantes, l’écorce d’un arbre, des liquides (Nassi) préparés à partir des versets du coran, des cantiques » mais aussi « On traite toutes sortes de maladies comme les infections, les maux de ventre et de tête, le paludisme, les problèmes sexuels, les problèmes sociaux liés au mariage, à la perte subite de travail, les sorts liés à la sorcellerie et/ou aux djinns, etc… »

Le diagnostic des pathologies se fait en interrogeant le malade ou ses parents, renforcé par des observations et une comparaison avec les cas déjà traités. 

Le projet FMG – MEMISA a organisé en décembre 2018 une table ronde sur le « cadre légal des malades mentaux et influence du contexte socioculturel pour leur accès aux soins» et en Avril 2019, une journée « Porte ouverte du centre de santé de Tata 1 » avec une participation active des guérisseurs traditionnels de la ville de Labé. Ils étaient réconfortés d’avoir participé aux rencontres et encouragés de mener leurs pratiques en collaboration avec les acteurs de la médecine moderne pour le bien être des patients. Pour eux  « la tradition et le moderne, constituent la seule voie pour obtenir la victoire sur la maladie mentale ».

 

Thierno Hady BAH, acteur du projet FMG – Memisa

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