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Interventions en direction des Populations Clés : Quelle place occupe FMG et quel rôle joue-t-elle en Guinée?

 

 

 

 

Les populations clés sont considérées à tort ou à raison comme des véhicules dans la propagation du VIH/SIDA. Cette anecdote fait d’elles une cible privilégiée des interventions dans la riposte.

Les acteurs de la société civile guinéenne mettent un accent particulier pour exposer les populations clés aux interventions de lutte contre le VIH/Sida. Le Gouvernement guinéen, ses partenaires bi et multi latéraux  apportent également une attention soutenue au travers de leurs contributions pour être au rendez –vous de 2030 pour « l’élimination du VIH » avec une escale au cœur des objectifs  « 90-90-90 » de 2020 

En Guinée, depuis les années 1997, FMG s’investit dans ce champ, jugé complexe et sensible en matière d’interventions. D’abord avec l’Université de Montréal (Sida1, Sida 2 et Sida 3), puis avec l’USAID dans le projet PSAMAO, OSIWA dans le projet de réduction de la vulnérabilité des travailleuses du sexe, ENDA Santé et la coopération Luxembourgeoise dans le projet « Frontières et vulnérabilités au VIH/sida en Afrique de l’Ouest », la coopération italienne, dans le projet INSTRADA, le fonds mondial dans ses différentes subventions à la Guinée, l’ONUSIDA, le PNUD, le FNUAP dans des microprojets et actions pilotes… FMG a intervenu dans plusieurs préfectures et régions de la Guinée mais aussi dans plusieurs sites transfrontaliers de la sous-région (Pamelape, Kouremalé, Sambailo, Sareboido….) et même en dehors de nos frontières à Kassine et d’autres sites en Guinée Bissau, Mali, Sierra Léone et Sénégal.

Toutes ces interventions, soutenus et accompagnées par celles des autres acteurs ont permis aujourd’hui de fléchir certaines données épidémiologiques dans le domaine du sida en Guinée. Si la prévalence du VIH est restée presque constante 1,5% (EDSV 2018), en Guinée, force est de reconnaitre que celle des populations clés à connu des baisses considérables, ces dernières années. Les PS : de 42% (ESSIDAGUI 2001) à 34,4% (ESCOMB 2007) à 16, 7% (ESCOMB 2012) à 14,2% (ESCOMB2015) et aujourd’hui à 10,7% (ESCOMB 2018). Pour les HSH, nous sommes passés de 56% (ESCOMB 2012) à 11,4% (ESCOMB 2018). Les détenus quant à eux sont passés de 9,4% (ESCOMB 2012) à 8,5 (ESCOMB 2015) et aujourd’hui à 2,5% (ESCOMB 2018).

Les interventions de FMG dans le développement des services adaptés, les cliniques mobiles, les cartographies, les recherches opérationnelles, les formations, les multiples activités de promotion, de prévention, curative et de réinsertion en faveur des populations clés prouvent sa place dans la réduction de ces prévalences. Cette place amène FMG à explorer d’autres cibles, notamment les Usagers de drogue et la population carcérale. Même si (1) le Code pénal guinéen réprimande les HSH, il reste ambigüe sur le commerce de sexe, (2) le code de drogue ne repose que sur  la répression, (3) le contexte socio –culturel  n’est pas favorable pour ces cibles, FMG s’est lancée dans l’inconnu et elle compte s’en sortir vaillamment, vu les résultats déjà atteints depuis le démarrage.

A partir de cette expérience et surtout de la place de FMG dans cet univers, deux constats sont à prendre en compte : (1) pour réussir le pari de la riposte au VIH en Guinée, il faut une meilleure prise en compte des populations clés et cela implique des stratégies  novatrices  et adaptées aux spécificités des cibles ; (2) les jugements et rejets rendent difficile l’accès aux services sociaux et favorisent la clandestinité et de facto des risques plus élevés.

Alpha Amadou Diallo

Coordinateur du projet FEVE-Guinée

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