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Maladies mentales et épilepsie, ce n’est plus une fatalité Pour le réseau de 10 CS partenaires de FMG – MEMISA qui les traquent!

Article N°4 : Janvier 2021

Hier si les pathologies mentales étaient considérées comme « Une punition de Dieu pour le non-respect des interdits de la tradition dans les villages de Guinée», …….« Des envoûtements par les diables (Jinnas) et/ou des sorts liés à la sorcellerie ».

Aujourd’hui, elles sont pratiquées par l’ONG FMG avec l’appui des partenaires Belge et Italiens par l’introduction de la santé mentale en milieu communautaire depuis 2002 au niveau du Centre Thérapeutique de Moriady, puis au CSA de Hafia Minière de Conakry et ensuite au CSA de Tata 1 dans la ville de Labé.

En 2017 suite à une étude recherche / action, le Projet FMG – MEMISA, introduit le volet santé mentale au niveau de 7 nouvelles structures sanitaires faisant un total de dix (10) centres de santé fonctionnels.

Ce réseau de dix (10) centres de santé soigne les patients et maintien des contacts suivis pour 14 683 personnes souffrantes de pathologies mentales et/ou de l’épilepsie(données de santé mentale durant les 3 ans, décembre 2020) :

DESIGNATION PERIODE
2018 2019 2020
Premiers Contacts 1 049 541 1 668
Contacts suivis 6 335 3 313 14 683
Visites à domicile 3 677 2 267 5 548

En 2021 (année 4 du projet FMG – MEMISA – UE) les résultats commencent à porter ses fruits, beaucoup parmi les malades mentaux suivis sont en guérison ou sur le chemin de la réinsertion sociale. Cette réinsertion socio économique des personnes améliorées, devient une activité occupante à part entière pour les Agents de Santé Communautaires intervenant en milieu communautaire. Durant l’année 2020 c’est environ 5 548 visites à domicile qui ont été effectuées par ces ASC pour un suivi de qualité des malades.

En Basse – Guinée Nord, dans le district sanitaire de Télimélé, au niveau du Centre de Santé Urbain,qu

i a bénéficié de l’introduction de cette offre de soins en santé mentale en 2017, plusieurs malades mentaux venant de toutes les contrées proches ou éloignées y sont admis et bénéficient d’une prise en charge correcte et continue.

Parmi ces patients pris en charge par le centre de santé, deux (2) de nos confrères Falilou de Sarekally et Oumou BAH de Sogoroya, tous des secteurs de la Commune Rurale de Télimélé, présentent les signes de guérison et sont sur la voie de la réinsertion socioprofessionnelle. Nous les avons rencontrés lors de la supervision semestrielle et voilà le témoignage saisissant de leur lourde histoire vécue :

Cas N°1 :

  • Mamadou Falilou Diallo, est un jeune du village de Sarekally, âgé de 32 ans qui était en aventure à Dakar (République du Sénégal) pour la recherche de gains en faveur de sa famille, il fait l’apprentissage jusqu’à devenir coiffeur et s’installe au Marché de Sandaga (là où beaucoup de commerçants guinéens venant de Guinée pour l’achat de la marchandise, séjournent). Ses affaires marchent bien, il gagne de la confiance et de l’argent petit à petit qu’il manipule avec aisance et satisfaction jusqu’au jour où,il tombe malade et se fait soigner partout sans résultat. On le ramène en Guinée à côté de ses parents, qui aussi le font consulter par les tradipraticiens, cette voie aussi, reste sans résultats.Que faire ? face avec son attitude de violent,l’incohérence de langage,les parents l’enchainent et l’enferment dans une cassette seule, de peur qu’il ne commette un tort à la communauté.

En octobre 2019, il est admis au Centre de santé Télimélé où il est diagnostiqué psychotique, on lui prescrit les médicaments qu’il prend avec soin, suivi par un frère de sa famille durant une longue période. Aujourd’hui Falilou est guéri et amélioré et, entreprends le chemin de son insertion socioprofessionnelle avec l’accompagnement de l’Agent de Santé Communautaire. Soulagé de cette nouvelle position sociale, avec l’insistance de Falilou, ses parents l’inscrivent dans un atelier de menuiserie où il fait l’apprentissage du bois en compagnie de beaucoup de jeunes du village.

Cas N°2 :

Oumou Bah, du village de Sogoroya est âgée de 40 ans et de profession ménagère, elle tombe malade et se retrouve enchainée par les parents pour lui éviter de s’échapper et aller à la merci des divers dangers qui courent. En Novembre 2019, elle est admise au Centre de Santé Urbain de Télimélé. Après consultations, elle est diagnostiquée Psychotique et immédiatement mis sous traitement médicale. L’on recommande à la famille de lui donner tous les soirs 1 comprimé de molécule prescrit / jour (soient 30 Comprimés durant le mois). Cela fut respecté par la famille avec un accompagnement de l’Agent de santé communautaire, chemin faisant voilà le bout du tunnel, ce jour de la supervision semestrielle nous rencontrons une Oumou bah guérie, détachée et en réinsertion sociale dans sa famille et la communauté.

Consultée, elle demande à son mari et à son fils (résidant à Conakry) de lui construire sa cabane juste au lieu où elle était attachée à la belle étoile depuis plusieurs années.

Ensuite anciennes productrices de cultures maraichères, elle a repris la culture du Gingembre dans le basfond familial. Elle nous montre du doigt son travail et prédit de revendre le bol de 10 à 15 kg de gingembre entre 35 à 40 000 GNF le jour du marché hebdomadaire de Télimélé.

Toute la famille est satisfaite des résultats atteints avec l’appui du centre de santé et du projet FMG, les parents s’engagent à informer d’autres familles qui ont des enfants dans la même situation de santé mentale.

Par Mr BAH Thierno Hady,

Chargé de Suivi – évaluation Projet FMG – MEMISA – UE.

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